23.07.2007
En route vers un avenir meilleur !
Voici un texte reçu sur ma messagerie sans que je puisse savoir d'où il provient. Mais si c'est vrai, voilà qui nous promet des jours fastes !

Marché de l'énergie : le racket du siècle
Le 1er juillet, le marché de l'électricité et du gaz a été ouvert à la concurrence pour les particuliers. Les consommateurs en payeront le prix fort.
L'ouverture totale à la concurrence de l'électricité et du gaz, le 1er juillet, passerait presque inaperçue. « Il y a dix ans, vous avez aimé la libéralisation des télécoms, pour l'électricité, vous allez adorer ! » : encore récemment, 63 % des ménages français s'attendaient à une diminution de leur facture d'énergie après l'ouverture des marchés, selon une enquête de la Sofres. Le réveil sera brutal. Cette transformation de l'électricité et du gaz en marchandises constitue une étape historique de la contre-réforme libérale européenne. Les enjeux de ce bouleversement, dont les impacts économiques, sociaux et écologiques, seront majeurs, ont soigneusement été dissimulés.
Chacun se souvient de l'épisode sur l'électricité, lors du débat télévisé opposant Ségolène Royal et Nicolas Sakorzy entre les deux tours de la présidentielle. Empêtrés l'un et l'autre dans des chiffres fantaisistes sur la part du nucléaire en France, pas un mot n'a été prononcé sur les chamboulements qui s'annoncent. La droite comme le PS partagent, il est vrai, depuis plus de dix ans, la paternité de cette déréglementation. La décision de principe d'ouverture totale à la concurrence a d'ailleurs été prise en 2002, par le duo Chirac-Jospin au sommet européen de Barcelone. Avant cette échéance, les gouvernements de droite et de gauche se sont succédé pour transposer les directives européennes sur l'ouverture graduelle du marché intérieur de l'électricité et du gaz, puis pour enclencher la privatisation des deux opérateurs historiques, EDF et Gaz de France. Aujourd'hui, face au fiasco que représente l'application des recettes libérales dans ce secteur, certains députés, y compris de droite, n'hésitent plus à parler de « suicide politique ».
En moins d'une décennie, le paysage européen de l'électricité a été marqué par les grandes pannes générales de réseau à l'échelle de plusieurs pays (dernière en date, le 4 novembre 2006, 15 millions de foyers en Europe ont été privés d'électricité) et par une véritable explosion des prix du marché. Avec l'ouverture du marché de l'énergie, la France rejoint le concert chaotique du « grand marché européen de l'électricité et du gaz».
Alerter l'opinion
La loi qui met fin au monopole public d'EDF et de GDF pour les particuliers est un véritable piège. Dans un premier temps, les usagers pourront conserver leurs anciens contrats EDF pour l'électricité et GDF pour le gaz, avec le maintien des tarifs régulés - fixés par les pouvoirs publics. Mais attention, tous ceux qui seront séduits par les offres concurrentielles se verront interdire définitivement tout retour au système régulé. La fameuse liberté de choix ne marche que dans un sens. Autre verrou, si, dans un logement, l'occupant opte pour un contrat au prix du marché, tous les futurs occupants se verront interdire le retour à un contrat au tarif régulé. Et pour les futurs occupants des logements neufs, le choix du tarif régulé est impossible, dès le 1er juillet 2007 pour le gaz, et à partir du 1er juillet 2010 pour l'électricité.
Autant de dispositions contraignantes, qui s'expliquent tout simplement par le fait que les prix de gros du marché sont aujourd'hui jusqu'à 40 % supérieurs aux tarifs régulés des opérateurs historiques EDF et GDF. Mais, là encore, attention ! Ces deux entreprises, aujourd'hui sociétés anonymes cotées en Bourse et frontalement concurrentes, feront également des offres de nouveaux contrats mixtes, gaz plus électricité, aux prix libres du marché.
Inutile de dire que les usagers, harcelés de toute part par les offres alléchantes, risquent de vivre désormais des moments difficiles. Tous les nouveaux opérateurs vont resserrer les mailles du filet, en se rapprochant des grandes agences immobilières et de la grande distribution. L'électricité à Carrefour ou à Auchan, c'est pour demain. Par la ruse ou par la force, tout sera mis en œuvre pour expulser les usagers des tarifs régulés. Il faut se préparer à connaître le développement des mêmes pratiques commerciales agressives, voire illégales, dénoncées dans le secteur des télécoms. Par comparaison, les consommateurs britanniques, qui ont connu les premiers cette situation, ont déposé, en 2006, 50 000 réclamations relatives aux pratiques des fournisseurs d'électricité.
Unanimes, les associations de consommateurs, comme l'UFC Que Choisir, ont lancé des campagnes d'information pour alerter l'opinion, avec un slogan : « Attention danger, il est urgent de ne pas bouger et de rester avec ses anciens contrats. » Même si, dans en premier temps, pour piquer les clients, les opérateurs peuvent proposer des offres apparemment à la baisse, cette situation sera de très courte durée. Chacun se prépare d'ores et déjà à la disparition prochaine des tarifs régulés. La Commission européenne considère les tarifs administrés inférieurs aux prix du marché comme une entrave à la libre concurrence. Elle a déclenché, le 13 juin, une enquête pour attaquer les tarifs régulés d'EDF. À Paris, le Conseil constitutionnel, lors de l'examen de la loi sur la privatisation de Gaz de France, a décidé que ces tarifs devaient être abolis. Cela donnera le signal d'un véritable racket organisé sur les familles.
Concurrence acharnée
Sachons-le, la concurrence a un prix ! Avec la suppression à terme de ces tarifs, les prix de détail de l'électricité vont peu à peu s'aligner sur les prix de gros. Du côté d'EDF, la direction espère un prix de vente proche de 43 euros le mégawattheure (hors coûts de transport, de commercialisation et de taxes), au lieu des 30 euros fixés par l'État aujourd'hui. Une claque de 43 % ! La Bourse anticipe largement les futurs profits astronomiques, en dopant le cours de l'action EDF : +150 % depuis son introduction en Bourse, fin 2005. Les financiers annoncent un nouveau sommet à plus de 100 euros, contre 80 aujourd'hui. Du côté des profits, avec 5,6 milliards en 2006 (+73,5 % en un an), l'entreprise a battu un nouveau record malgré le maintien du tarif régulé. Imaginons le jackpot avec les prix libres généralisés.
Autre référence, celle des fluctuations des prix dans les bourses d'échange, comme Powernext, où ils ont doublé en deux ans pour dépasser les 50 euros le mégawattheure. Les règles du marché libre, appliquées au secteur de l'électricité, conduisent mécaniquement à l'alignement des prix vers le haut et à l'accumulation de profits fantastiques. Avec l'impossibilité de stocker la « marchandise » et l'obligation, en permanence et en temps réel, d'équilibrer la charge du réseau, donc la consommation et la production, le prix du marché est toujours aligné sur le coût de production le plus élevé, celui de la dernière installation sollicitée pour alimenter le réseau et assurer la pointe de consommation. Face à cette rente colossale, ponctionnée sur les usagers qui ne peuvent se passer d'électricité dans leur vie quotidienne (plus de 50 % des dépenses d'énergie des ménages concernent l'électricité), les groupes européens se livrent une guerre de territoires, de fusions et d'acquisitions, à coup de dizaines de milliards d'euros.
Explosion des prix
Les libéraux continueront certainement à prétendre que le marché vertueux fixe un juste prix aux marchandises. Pour autant, ils savent aussi faire preuve de pragmatisme lorsque leurs intérêts sont menacés. Pour répondre à la grogne des industriels, mécontents d'avoir essuyé les plâtres du marché libre de l'électricité en subissant des hausses moyennes de 48 % sur leurs factures de 2005 à 2006, le Parlement a réinstauré un système d'encadrement des prix, le « tarif réglementé transitoire d'ajustement au marché », qui impose que les prix du marché, pour les entreprises, ne puissent être supérieurs de plus de 23 % à ceux du secteur réglementé. Protection qui, évidemment, ne s'applique pas aux usagers domestiques, qui auront tout le loisir de se faire arnaquer. Ironie de la situation, pour rendre possible l'installation de nouveaux opérateurs face aux tarifs régulés, le Conseil de la concurrence, saisi d'une plainte de Direct Énergie (filiale du groupe Louis Dreyfus), oblige EDF à leur vendre le kilowattheure à un prix inférieur à celui du marché de gros.
Le premier effet, à terme, sera un alourdissement brutal du budget énergie des familles. Pas un consommateur dans le monde, confronté à l'introduction de la concurrence, n'a échappé à des hausses vertigineuses. Entre 2001 et 2006, l'augmentation se chiffre à 91 % au Danemark, 80 % au Royaume-Uni, 49 % en Allemagne, 40 % en Espagne, etc. L'UFC Que Choisir prévoit de telles hausses en France, ainsi qu'une dépense annuelle supplémentaire de 1 222 euros en moyenne pour un ménage de quatre personnes, dont le logement est chauffé à l'électricité. Cette charge sera proportionnellement plus lourde pour les revenus les plus faibles. Une situation d'autant plus grave qu'il s'agit d'un bien de première nécessité, dont on ne peut se passer, et donc difficilement compressible.
On connaît déjà les ravages sociaux engendrés par l'équipement massif en chauffage électrique de logements sociaux mal isolés. On évalue aujourd'hui entre 150 000 et 200 000 le nombre de coupures d'électricité réalisées chaque année pour cause de pauvreté. Ce chiffre risque fort d'exploser. C'est une véritable machine à fabriquer de la misère qui se met en marche. La part de budget que les ménages les plus modestes doivent consacrer à leur logement (loyer, chauffage, éclairage) atteint déjà des niveaux records. Ce « taux d'effort » est désormais fréquemment supérieur à 30 %, et il peut atteindre 50 % pour les revenus les plus fragiles. L'ouverture à la concurrence du gaz et de l'électricité va accélérer cette spirale de l'endettement et de l'exclusion.
D'ores et déjà, la question du droit d'accès à l'énergie pour tous et de l'interdiction des coupures est posée. Le tribunal administratif de Melun a récemment rejeté la requête des sociétés EDF et GDF, qui demandaient l'annulation d'un arrêté municipal interdisant les coupures sur le territoire de la commune de Champigny-sur-Marne. C'est indéniablement un point d'appui, à condition que s'engage rapidement une large mobilisation pour combattre cette offensive brutale.
Ceci vaut bien sûr pour d'autres domaines que l'énergie !
Quand je vois combien, avec deux salaires modestes, il est déjà difficile de joindre les deux bouts, je ne peux m'empêcher de me montrer inquiète devant cet avenir qui nous est réservé.
J'aurais presque envie de dire "aux armes, citoyens..."
12:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : privatisation EDF-GDF, avenir
18.04.2007
Que sont les soixante-huitards devenus ?
Mes parents et beaux-parents ont la soixantaine. C'est dire que mai 1968, ils ont été en plein dedans. Bon, bien sûr, ils étaient de province donc sûrement moins baignés dans l'ambiance que ceux de la capitale.
Pourtant, je ne peux m'empêcher de me mettre en colère quand je vois leur mentalité aujourd'hui. C'est "après nous, le déluge..." Ils ont pourtant plusieurs petits-enfants mais ne semblent pas le moins du monde concernés par leur avenir. Tout ce qui compte pour eux, c'est d'avoir leur retraite bien pépère. L'avenir de la planète, le recyclage, l'écologie et même l'avenir politique de la France, ils s'en foutent.
Ils ont une mentalité d'individualistes forcenés mais quand on leur dit qu'ils ne toucheront peut-être pas leur retraite tout le reste de leur vie, ils se disent que, nous, leurs enfants, nous pourront assurer leurs vieux jours, quitte à les prendre chez nous. Je ne comprends pas leur façon de penser. Moi qui suis mère, je mets tout en oeuvre pour ne jamais être un poids pour mes enfants même si notre avenir semble bien incertain et que les salaires d'aujourd'hui ne nous permettent pas d'anticiper.
Mes parents et tous ceux de leur génération semblent penser que si l'avenir de la France ne leur convient plus, ils partiront ailleurs. Cette forme d'abandon me paraît cruelle et irresponsable. Il est peut-être vrai que c'est à notre tour d'agir, mais il faut aussi qu'ils le fassent car leur vie est loin d'être finie et leur attitude d'éternels adolescents se reflète sur les générations suivantes.
22:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mai 1968, avenir, écologie, retraite, abandon









