12.04.2008
De l'amiante à l'école !
Il y a quelques mois, j'ai appris avec stupéfaction que le bâtiment abritant l'école de mes enfants contenait de l'amiante. Je ne pensais pas que c'était possible mais le directeur de l'école s'est montré rassurant, sans pouvoir nous préciser dans quels matériaux cette matière se trouvait.
Pendant les vacances de février, des travaux ont eu lieu dans l'école : il s'agissait de changer les plaques de plafond du côté primaire. Beaucoup de poussière est tombée dans les classes qui n'avaient pas été protégées. Les enfants ont repris les cours sans que celle-ci ait été évacuée et ils ont même été "embauchés" pour participer au nettoyage.
En tant que parents, certains d'entre nous ont alors commencé à s'interroger car nous ne savions pas si les plaques de plafond contenaient ou non de l'amiante. Faisant partie du conseil d'école, j'ai posé la question mais n'ai pas eu de réponse, le responsable technique de la mairie étant absent. Cela n'a pas eu l'air de mobiliser les autres personnes présentes puisque, quelques jours après la réunion, nous n'avions toujours pas d'informations supplémentaires.
D'ailleurs, nous avons plutôt l'impression de passer pour des "emmerdeurs" alors qu'un risque vital peut peser sur la santé de nos enfants.
Je pense, en effet, que notre questionnement est légitime (au regard des scandales liés à l'amiante qui continuent encore aujourd'hui) car, après petite enquête :
- en 2006, les plaques de toit en fibro-ciment ont été brisées par la grêle. Y-a-t-il eu alors un risque de dispersion de fibres d'amiante ?
- lors de l'été 2007, ces plaques ont été remplacées. On ne sait rien des précautions prises lors de ces travaux sinon qu'une personne a vu des ouvriers scier sur le toit. Y-a-t-il eu à nouveau risque de dispersion de fibres, notamment dans la charpente ?
- se pose donc la question de savoir si les classes ont pu être contaminées lors des travaux de changement des plaques de plafond qui ont libéré des quantités de poussières provenant des combles. Un organisme agréé chargé du contrôle de l'amiante dans les bâtiments a confirmé que nous pouvions, à juste titre, nous poser des questions.
Travaillant en entreprise, j'ai pu constater à de maintes reprises que les problèmes de sécurité étaient pris à la légère. J'ai bien l'impression que, sur la quinzaine de personnes participant à la réunion de conseil, la plupart ne semble pas prendre la question au sérieux.
Pour ma part, j'attends des explications détaillées du propriétaire des locaux, à savoir le maire de la commune concernée. Je demande aussi qu'un contrôle de l'air ou des poussières soit fait.
Qu'en pensez-vous ?
16:28 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : amiante, école maternelle et primaire, de l'amiante à l'école !
19.03.2008
La mort est-elle une marchandise ?
Qui d'entre nous n'a pas entendu parlé aujourd'hui de Chantal Sebire, cette femme défigurée par une tumeur incurable et qui demande à pouvoir bénéficier d'un suicide assisté. Bien entendu, le cas de cette personne nous interpelle et nous fait réfléchir sur ce qu'est devenue la mort dans notre société.
En faisant quelques petites recherches sur le suicide assisté qui existe en Suisse, j'ai trouvé cet article paru sur Valeurs Actuelles.
La lecture de celui-ci m'a effarée et je ne souhaite pas vivre dans une société qui autoriserait de telles pratiques. Je vous laisse vous faire votre opinion.
Suicide assisté. La polémique suisse
Le Pauline Liétar
C’est dans une fourgonnette de livraison, garée aux abords d’une forêt, que l’association Dignitas a donné la mort à ce “candidat au suicide” d’origine allemande. Pour constater le décès, les employés des pompes funèbres ont dû déposer le corps par terre, dans la boue et les feuilles mortes. On a beau côtoyer la mort tous les jours, « c’est pas des choses à faire… », confie l’un d’eux, mal à l’aise.
Alors qu’elle défraie la chronique en Suisse où elle se heurte à de violentes oppositions, l’association Dignitas bénéficie, en France, d’un intérêt croissant. Le 12 février, le Monde a publié un long reportage sur le suicide assisté d’une Française qui a recouru à ses services l’an dernier. Marguerite Dessein était membre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui milite pour la légalisation de l’euthanasie en France et plaide pour le suicide assisté : l’ADMD a organisé, le mois dernier, une conférence intitulée “S’exiler pour mourir ?”.
La Suisse est l’un des rares pays à autoriser le suicide assisté avec les Pays-Bas, la Belgique et l’État de l’Oregon, aux États-Unis. Aider une personne à se suicider n’est pas considéré comme une infraction, « si l’acte est altruiste et sans mobile égoïste », selon les termes de la loi suisse. Concrètement, un médecin peut aider un patient à mourir en lui préparant un poison, mais c’est au malade de porter le verre à ses lèvres. Sinon, on peut considérer que c’est un meurtre. Il faut aussi – en théorie – respecter plusieurs conditions : discernement de la personne, demande sérieuse et répétée dans le temps, maladie incurable, souffrances physiques ou psychologiques importantes et pronostic fatal ou invalidité définitive.
Il y a quelques mois encore, quand on franchissait la porte d’entrée du hall de l’immeuble où elle officiait alors, l’on savait immédiatement si un “patient” était entre les mains de Dignitas. Dans cette HLM du centre de Zurich, les parois étaient si fines que l’on entendait tout. La quinte de toux du voisin de palier, la douche de la voisine à l’étage supérieur ou encore les bruits de friture des différentes cuisines.
Le jour de notre visite, un banal jour de juin, résonnait dans le hall le témoignage d’un candidat au suicide anglais. Atteint de sclérose en plaques, il confiait ne plus pouvoir marcher. Quelques minutes plus tard, montait une musique sirupeuse – chacun apportait son disque préféré – qui annonçait la mort de l’Anglais. Il était entré dans l’appartement à peine une vingtaine de minutes plus tôt.
“Avant le grand voyage, il faut consulter une agence”
Aujourd’hui, l’association donne la mort n’importe où. Dans des hôtels, des chambres de particuliers, des voitures… Et, comme depuis toujours, à toutes sortes de “candidats”.
En février 2002 déjà, elle n’hésitait pas à “suicider” un frère et une sœur français, âgés d’à peine 29 et 32 ans, schizophrènes tous les deux. Pour Dignitas, le fait qu’ils soient seuls dans la vie, sans parents pour les aider, justifiait un suicide. L’association ne se contente pas de prendre en charge des patients en fin de vie. Elle s’ouvre aussi à des dépressifs, des malades mentaux et des couples de personnes âgées fatiguées, qui ne sont pas incurables. En avril 2003, elle donne la mort à Jennifer et Robert Stokes, Britanniques de 53 et 59 ans venus se suicider en couple. Ils souffrent certes d’épilepsie et de diabète mais aucun des deux n’est un malade en fin de vie. Leur famille, loin d’imaginer leurs intentions, sera très choquée à l’annonce de leur mort.
Dignitas ne s’arrête pas non plus sur l’âge de ses “patients” : elle a assisté le suicide d’un jeune homme de 25 ans. « Le suicide, c’est la liberté de chacun. Ce n’est pas à nous de juger les raisons. Les personnes ayant des souffrances psychologiques ont aussi le droit de mourir », estime Ignaz Reutlinger, ancien membre de l’association qui a accompagné de nombreux suicides.
Sur la dizaine d’associations suisses qui assistent des suicides en milieu hospitalier ou à domicile, Dignitas est l’une des seules à accueillir des étrangers. Ses coordonnées sont connues et diffusées dans les pays d’Europe du Nord, en Grande-Bretagne et en France. Les Allemands représentent environ 60 % des candidats au suicide. Sur les 200 suicidés assistés par l’association en 2006, on comptait une quinzaine de Français. « La pratique est la même que pour les impôts, expose sans ciller Ignaz Reutlinger. Les étrangers viennent en Suisse pour échapper à la loi de leur pays et y mourir. » L’ADMD tendrait plutôt à faire le parallèle avec le combat pour l’IVG et toutes ces femmes qui ont traversé la frontière pour avorter.
Mais pour son fondateur, Ludwig Minelli, un avocat zurichois de 75 ans à la personnalité controversée, l’extrême ouverture de Dignitas aurait – paradoxalement – un effet positif : la dissuasion. « Notre philosophie vise à lever le tabou du suicide. Il faudrait pouvoir dire à tous : “Oui, vous avez le droit de faire ce grand voyage, mais avant de partir il faut consulter une agence et bien dire au revoir à ses proches.” Nous estimons qu’environ 70 % des personnes qui prennent contact avec nous sont finalement dissuadées de se suicider. Savoir qu’elles ont cette possibilité de mourir quand elles le souhaitent les rassure définitivement. » Selon des proches, Ludwig Minelli rêverait même de pouvoir installer des distributeurs de poison dans les lieux publics. Une industrialisation des méthodes qui permettrait à Dignitas d’augmenter le nombre de ses “clients”…
Car, ici, il ne s’agit pas vraiment d’altruisme : les candidats au suicide doivent acquitter au moins 3 500 euros pour mettre fin à leurs jours. Le tarif serait même passé récemment à 5 000 euros. Quand on sait que Dignitas se procure pour à peine 5 euros la dose de pentobarbital que son client boira pour se suicider, on imagine l’importance des profits liés à cette activité. Pourtant, l’association n’offre pas une mort de grand luxe. Elle est désormais à la rue.
Les détracteurs de Dignitas affirment que son fondateur, en revanche, s’est significativement enrichi. L’ancienne secrétaire générale de Dignitas, Soraya Wernli, a quitté l’association en 2005 pour des raisons éthiques mais aussi financières : « Ludwig Minelli a gagné beaucoup d’argent avec Dignitas. Avec l’association, il s’est constitué une fortune personnelle qui dépasse au bas mot, selon moi, les 800 000 euros. Ce chiffre ne tient pas compte de tout ce qu’il reçoit en nature des personnes qu’il assiste… » Interrogé par Valeurs actuelles, Ludwig Minelli affirme que tout l’argent part à l’association et dément tout enrichissement personnel.
Le déroulement des suicides suscite également la polémique. La réglementation établit que la personne souhaitant mourir doit rédiger une déclaration de suicide puis confirmer oralement son souhait aux “accompagnateurs”. Deux membres de Dignitas assistent à chaque suicide pour attester qu’il s’agit d’une mort volontaire et non d’un meurtre. Encore faut-il qu’ils parlent couramment la langue du malade… Une hésitation, voire un revirement, risque d’échapper totalement à ces accompagnateurs. Surtout quand on ne laisse guère le temps au malade d’une dernière réflexion. « En 2005 et 2006, bon nombre de personnes sont arrivées de l’étranger et sont mortes dans la journée. Elles n’ont même pas pu repenser leur choix, passées la fatigue et la confusion du voyage », dénonce Soraya Wernli.
Pointée du doigt, accusée de créer un tourisme de la mort, Dignitas essaie d’être plus prudente aujourd’hui. Elle attend “au moins” le lendemain de l’arrivée du malade pour opérer. Mais les médecins de l’association ne passent toujours pas plus de temps sur le dossier des malades. Une trentaine de minutes environ. Certains signent plusieurs “permis de mourir” par jour. Des demandes de pentobarbital sont effectuées pour constituer des stocks. Et les erreurs de dosage existent : en août 2004, un Allemand mettra plus de 72 heures à mourir.
Chassée par les habitants, pourchassée par le gouvernement zurichois et dénoncée par le Parti socialiste suisse qui veut qu’elle cesse ses activités, Dignitas persiste. Et ignore les polémiques. En août 2007, sommée de quitter ses locaux à Zurich, elle loue un appartement à Stäfa, dans la banlieue. En huit jours, six personnes vont mourir. Choqués, les habitants se mobilisent et obtiennent son départ.
Dignitas ne s’arrête pas pour autant. C’est donc dans une voiture de location qu’elle a aidé, successivement, deux Allemands à mettre fin à leurs jours aux abords d’un bois, près de Zurich. La colère de la ministre de la Justice allemande n’a rien changé à ses projets. Ludwig Minelli a récemment annoncé la création d’une antenne en Allemagne. Là-bas, un correspondant de Dignitas veut bien prendre le risque pénal d’assister des suicides.
14:05 Publié dans Philosophie, Politique, Psychologie, Santé, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : chantal sebire, euthanasie, suicide assisté
19.12.2007
Soigner le mal par le mal
Comment qualifier le parcours d'une personne atteinte d'un cancer sinon de terrible. Au-delà de l'épreuve que représente l'annonce d'une telle maladie, il y a aussi les souffrances endurées par des médicaments qui sont censés soigner.
Chimiothérapie, ce mot-là fait peur. Parfois, je me demande même si les malades ne redoutent pas plus le remède que le mal.
Est-ce la seule solution pour espérer survivre à cette affection ? Une personne de ma connaissance disait que si elle était amenée à souffrir d'un nouveau cancer, elle ne savait pas si elle aurait le courage de suivre à nouveau ce "chemin de croix".
Qu'en penser et surtout comment et peut-on choisir ? Difficile question...
Et comment soutenir ceux de nos proches qui doivent subir ?
23:45 Publié dans Psychologie, Santé | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : chimiothérapie, cancer
12.08.2007
Grosse fatigue
Quelques petits soucis de santé me laissent épuisée. Je me requinque et, qui sait, l'inspiration reviendra-t-elle !
19:59 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20.06.2007
Un sujet qui m'intrigue...
On parle de la façon de guérir cette maladie mais moi, je m'interroge sur les causes de celle-ci. Je pense que les scientifiques doivent avoir une idée sur la question et, pourtant, ce n'est pas médiatisé. Pourquoi ?
Alors voilà, pour ceux que cela intéresse, un article tiré du site de l'ARTAC
http://www.artac.info/static.php?op=Accueil.txt&npds=1
Retrouvez ces règles dans le livre du Pr. Belpomme, "Guérir du cancer ou s'en protéger" .
Boire de l'alcool modérément, privilégier la qualité sur la quantité. Choisir son vin. (règle n°2)
Lutter contre le surpoids et consommer des aliments variés (règle n°3)
Limiter l'ingestion des graisses animales, préférer les huiles végétales (règle n°4)
Manger régulièrement du poisson (règle n°5)
Choisir ses aliments (règle n°6) : voir en détail
Limiter la consommation de champignons et de thym (règle n°7)
Ne pas abuser des grillades (règle n°8)
Utiliser de l'eau minérale (règle n°9)
Pour l'achat de ses aliments, faire confiance aux petits artisans, privilégier les cycles courts de distribution (règle n°10)
Apprendre à lire les étiquettes, l'effet néfaste de nombreux alicaments (règle n°11) : voir en détail
Consommer régulièrement des céréales (règle n°12)
Manger chaque jour cinq variétés de fruits ou légumes (règle n°13)
Consommer des légumes à feuilles, frais et si possible crus. Les consommer après les avoir lavés et correctement épluchés. Ne pas les consommer après avoir attendu plusieurs jours et ne pas les faire trop cuire. (règles n°14)
Consommer les fruits avec la peau (règle n°15)
Utiliser largement le réfrigérateur (règle n°16)
Manger bio chaque fois que possible (règle n°17)
Choisir son lieu de vie (règle n°18) : voir en détail
Aérer et dépoussiérer son lieu de vie (règle n°19)
Limiter l'usage des nettoyants ménagers, déodorisants et parfums d'intérieur (règle n°20)
Limiter l'usage des produits de beauté, cosmétiques et teintures capillaires (règle n°21)
Ne pas s'exposer au soleil, proscrire le bronzage artificiel en cabine (règle n°22)
Se protéger des radiations électromagnétiques pulsées (REMP) (règle n°23)
Ne pas abuser des médicaments et limiter le nombre des investigations d'imagerie médicale (règle n°24)
Lutter contre le stress (règle n°25)
Eviter d'avoir de multiples partenaires sexuels (règle n°26)
Avoir des enfants avant 30 ans (règle n°27)
Allaiter le plus longtemps possible son enfant (règle n° 28)
Utiliser avec précaution la pilule contraceptive et traitements substitutifs de la ménopause (règle n°29)
Cancers professionnels : la nécessité de protéger les travailleurs (règle n°30)
Choisir ses aliments (règle n°6)
Il faut s'assurer non seulement des dates de péremption des produits qu'on achète, mais aussi de leur provenance. Lorsqu'elle concerne un pays éloigné, cela n'est pas forcément rassurant, car de nombreux pays en voie de développement pratiquent maintenant des cultures ou élevages intensifs. Il faut respecter les saisons : ne pas manger de fraises en hiver ! Il s'agit ici d'une boutade applicable non seulement aux fruits, mais aussi aux légumes, car achetés hors saisons, ils sont généralement cultivés sous serre et non en plein champs. Or la culture sous serre favorise la concentration en nitrates. En hiver, il est préférable de renoncer aux légumes cultivés sous serre et leur préférer les légumes de saison, tels que les choux, les carottes, les poireaux, les poivrons et les pommes de terre. Dans tous les cas, il faut choisir les fruits et légumes en fonction de leur taille et du parfum qu'ils exhalent. Des pommes de terre, des navets, des poireaux très gros, une botte de carottes qui n'a pas d'odeur proviennent probablement d'une culture intensive et contiennent donc des nitrates et des pesticides. De même pour les fruits. La couleur peut être un piège. Ce n'est pas la couleur d'une pomme qui fait sa valeur nutritionnelle et sa saveur. Là aussi l'odeur et le goût sont un guide précieux. Nous avons perdu aujourd'hui l'odorat, la capacité de sentir. Notre goût a été conditionné par la mise sur le marché de produits artificiels. Il s'est modifié. Sans nul doute, il faut revenir au naturel.
Apprendre à lire les étiquettes, l'effet néfaste de nombreux alicaments (règle n°11)
Un " alicament " est une boisson ou un aliment solide dans lequel on a ajouté un additif auquel on prête les vertus d'un médicament pour exacerber certaines propriétés qu'on juge être bonne pour la santé : vitamines, oligo-éléments, antioxydants etc. En réalité, pour de nombreux alicaments - pas tous - ce qui est allégué n'a aucune valeur scientifique démontrée, du point de vue sanitaire. J'indiquerai dans le chapitre suivant que l'utilisation de vitamines à forte dose, telle la vitamine C, ou encore celle d'oligo-éléments administrés à petites doses, a conduit ou conduit à de fausses théories sur le cancer. Tel est aussi le cas des anti-oxydants artificiels. Selon une meta-analyse danoise récente publiée dans le Lancet, il vient d'être démontré que les anti-oxydants qu'on ajoute artificiellement dans l'alimentation produisent l'effet inverse de celui recherché : au lieu de diminuer l'incidence des cancers digestifs, il en augmente la mortalité. Le résultat est en lui même nouveau, le mécanisme pas encore clair. Mais il est un signe d'alerte. En matière de cancer, au mieux les additifs anti-oxydants ne font rien, ce qui n'est pas le cas des anti-oxydants naturels (voir les règles n°14 et 18). Nos concitoyens doivent donc lire les étiquettes et ne pas se laisser abuser.
Concernant les OGM, je me suis déjà expliqué dans mon précédent livre* et rejoins le combat que mène avec intelligence et rigueur scientifique le biologiste moléculaire Gilles-Eric Séralini. Les OGM agroalimentaires sont néfastes pour la santé, car fabriquant des pesticides (herbicides ou insecticides), ils en contiennent en grande quantité. En outre, en les diffusant dans l'environnement à petite dose, ils favorisent l'apparition de résistance au niveau des plantes et des insectes. Ce qui explique la nécessité de leur adjoindre par épandage externe, l'utilisation de pesticides à plus forte dose. La réglementation européenne actuelle tolère une dose très faible d'OGM dans nos aliments. Il est possible qu'à ce niveau de dose, on ne risque rien. Mais en est-on sûr ? Il faut le prouver. Car cela est contraire à ce que j'ai indiqué dans le chapitre précédent concernant l'effet mutagène ou promoteur cancérigène des pesticides ingérés à petite dose de façon continue. Indiquer sur l'étiquette le taux réglementaire d'OGM pour un produit est un premier pas qui va dans le bon sens, celui de la transparence. Mais il est insuffisant. Il faut qu'on indique aussi le taux de pesticides contenus dans tous les aliments.
Choisir son lieu de vie (règle n°18)
Choisir son lieu de vie est essentiel, bien qu'il ne soit pas toujours possible de le faire. Il s'agit ici de règles de précaution. Je déconseille d'habiter dans le voisinage d'une usine polluante (pétrochimie, industrie du plastique, extraction de certains minerais etc.), d'une centrale électrique ou d'une usine de retraitement de déchets radioactifs, d'un aérodrome (les produits de combustion du kérosène polluent l'atmosphère et donc l'eau et les champs alentours), à proximité d'un carrefour routier à trafic intense, près de lignes à haute tension ou d'antenne-relais pour la radio, la télévision ou les portables, d'une station service ou d'un garage, d'une décharge d'ordures ménagères, d'un incinérateur. Dans tous ces cas de figure les preuves scientifiques, bien qu'elles soient encore incomplètes du point de vue épidémiologique sont en effet aujourd'hui nombreuses et suffisantes du point de vue toxicologique, pour agir par précaution.
Déchets radioactifs
Le risque de cancers à proximité d'une usine de retraitement des déchets radioactifs, telle que celle de la Hague a donné lieu à des querelles d'experts. Parfois celles-ci ont même pris une tournure polémique détestable, puisque c'est la santé de nos concitoyens qui est en jeu. Il n'en demeure pas moins que les arguments toxicologiques existent (les produits radioactifs sont mutagènes), que plusieurs études épidémiologiques sérieuses se sont révélées être positives aux Etats-Unis comme en France, et que l'éventualité d'études négatives ne signifient pas que le risque n'existe pas.
Zones industrielles
Il en est de même pour ceux de nos concitoyens qui travaillent ou habitent en zone industrielle, à proximité de raffineries de pétrole, d'usines de pétrochimie d'extraction ou de traitement de minerais. Les données toxicologiques sont ici très nombreuses et scientifiquement fondées. Analyser la qualité de l'air avec la possibilité de pics de pollution n'est pas suffisant. Il faut en étudier le retentissement sur la santé et en particulier vérifier si cette pollution est ou non à l'origine d'une augmentation du nombre de cas de cancers. Il faut donc faire de telles études épidémiologiques, car du point de vue toxicologique, il est évident qu'un air pollué par des fines particules carbonées (poussières) qui agrègent les HAP présents dans les fumées d'usine, peuvent aussi générer des cancers (voir le chapitre X). C'est là que les études de points chauds devraient se révéler particulièrement utiles.
Pollution atmosphérique des villes et trafic routier
Il est maintenant clairement établi que la mortalité par cancers du poumon dans les villes est d'autant plus élevée qu'elles sont polluées par des poussières (microparticules), et cela indépendamment du risque lié au tabagisme. C'est ce qui ressort de deux études américaines et ce que confirme une analyse récente, réalisée par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire et Environnementale, l'AFSSE. Le trafic routier intervient certainement aussi. Plus le trafic est intense, moins l'air de la ville se renouvelle, et plus la concentration en HAP augmente. Encore faut-il les doser. Ce qui n'est pas toujours fait. La logique scientifique ne peut-être niée. En réalité, le mécanisme imputable à la genèse des cancers causés par la pollution atmosphérique est lié aux microparticules carbonées, en suspension dans l'air que nous respirons (voir le chapitre X). Même si le risque individuel de cancer est faible, il l'est beaucoup plus au plan collectif, car de très nombreux concitoyens sont concernés.
Décharges d'ordures ménagères et incinérateurs.
Vivre à proximité de décharges d'ordures ménagères est aussi un facteur à l'origine d'une augmentation du nombre des cancers. Plusieurs études le démontrent. De même vivre à proximité d'un incinérateur, en raison du taux élevé de dioxines. La mise en évidence d'un tel risque est plus difficile à établir, mais certaines études épidémiologiques, telles celles de Jean-François Viel pour l'incinérateur de la région de Besançon l'ont prouvé. Les dioxines sont l'un des poisons les plus toxiques pour l'homme. Elles contaminent l'ensemble de la chaîne alimentaire. Cela signifie qu'on peut être contaminé à très grande distance. C'est ce qu'a révélé une étude récente réalisée pour l'incinérateur de Maincy, en région parisienne. Le taux de dioxines est augmenté de 30 à 50% par rapport à la norme réglementaire dans le lait obtenus et les oeufs pondus dans la zone située à moins de 20 km autour de l'incinérateur. Il est donc indispensable, par précaution, d'interdire l'élevage de volailles et de bovidés et en particulier des vaches laitières à proximité de tels incinérateurs et interdire la production et la vente d'œufs et de lait, lorsqu'ils proviennent de telles zones. Des progrès ont été réalisés depuis ces dernières années dans notre pays pour mettre aux normes internationales la nouvelle génération d'incinérateurs. Dans ce contexte, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. En réalité, on rassure sur des normes, pas sur le risque de cancers. Et c'est là qu'est tout le problème. Car les dioxines présentes dans l'alimentation, même à des doses très faibles sont cancérigènes.
20:25 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : prévention du cancer









