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19.03.2008
La mort est-elle une marchandise ?
Qui d'entre nous n'a pas entendu parlé aujourd'hui de Chantal Sebire, cette femme défigurée par une tumeur incurable et qui demande à pouvoir bénéficier d'un suicide assisté. Bien entendu, le cas de cette personne nous interpelle et nous fait réfléchir sur ce qu'est devenue la mort dans notre société.
En faisant quelques petites recherches sur le suicide assisté qui existe en Suisse, j'ai trouvé cet article paru sur Valeurs Actuelles.
La lecture de celui-ci m'a effarée et je ne souhaite pas vivre dans une société qui autoriserait de telles pratiques. Je vous laisse vous faire votre opinion.
Suicide assisté. La polémique suisse
Le Pauline Liétar
C’est dans une fourgonnette de livraison, garée aux abords d’une forêt, que l’association Dignitas a donné la mort à ce “candidat au suicide” d’origine allemande. Pour constater le décès, les employés des pompes funèbres ont dû déposer le corps par terre, dans la boue et les feuilles mortes. On a beau côtoyer la mort tous les jours, « c’est pas des choses à faire… », confie l’un d’eux, mal à l’aise.
Alors qu’elle défraie la chronique en Suisse où elle se heurte à de violentes oppositions, l’association Dignitas bénéficie, en France, d’un intérêt croissant. Le 12 février, le Monde a publié un long reportage sur le suicide assisté d’une Française qui a recouru à ses services l’an dernier. Marguerite Dessein était membre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui milite pour la légalisation de l’euthanasie en France et plaide pour le suicide assisté : l’ADMD a organisé, le mois dernier, une conférence intitulée “S’exiler pour mourir ?”.
La Suisse est l’un des rares pays à autoriser le suicide assisté avec les Pays-Bas, la Belgique et l’État de l’Oregon, aux États-Unis. Aider une personne à se suicider n’est pas considéré comme une infraction, « si l’acte est altruiste et sans mobile égoïste », selon les termes de la loi suisse. Concrètement, un médecin peut aider un patient à mourir en lui préparant un poison, mais c’est au malade de porter le verre à ses lèvres. Sinon, on peut considérer que c’est un meurtre. Il faut aussi – en théorie – respecter plusieurs conditions : discernement de la personne, demande sérieuse et répétée dans le temps, maladie incurable, souffrances physiques ou psychologiques importantes et pronostic fatal ou invalidité définitive.
Il y a quelques mois encore, quand on franchissait la porte d’entrée du hall de l’immeuble où elle officiait alors, l’on savait immédiatement si un “patient” était entre les mains de Dignitas. Dans cette HLM du centre de Zurich, les parois étaient si fines que l’on entendait tout. La quinte de toux du voisin de palier, la douche de la voisine à l’étage supérieur ou encore les bruits de friture des différentes cuisines.
Le jour de notre visite, un banal jour de juin, résonnait dans le hall le témoignage d’un candidat au suicide anglais. Atteint de sclérose en plaques, il confiait ne plus pouvoir marcher. Quelques minutes plus tard, montait une musique sirupeuse – chacun apportait son disque préféré – qui annonçait la mort de l’Anglais. Il était entré dans l’appartement à peine une vingtaine de minutes plus tôt.
“Avant le grand voyage, il faut consulter une agence”
Aujourd’hui, l’association donne la mort n’importe où. Dans des hôtels, des chambres de particuliers, des voitures… Et, comme depuis toujours, à toutes sortes de “candidats”.
En février 2002 déjà, elle n’hésitait pas à “suicider” un frère et une sœur français, âgés d’à peine 29 et 32 ans, schizophrènes tous les deux. Pour Dignitas, le fait qu’ils soient seuls dans la vie, sans parents pour les aider, justifiait un suicide. L’association ne se contente pas de prendre en charge des patients en fin de vie. Elle s’ouvre aussi à des dépressifs, des malades mentaux et des couples de personnes âgées fatiguées, qui ne sont pas incurables. En avril 2003, elle donne la mort à Jennifer et Robert Stokes, Britanniques de 53 et 59 ans venus se suicider en couple. Ils souffrent certes d’épilepsie et de diabète mais aucun des deux n’est un malade en fin de vie. Leur famille, loin d’imaginer leurs intentions, sera très choquée à l’annonce de leur mort.
Dignitas ne s’arrête pas non plus sur l’âge de ses “patients” : elle a assisté le suicide d’un jeune homme de 25 ans. « Le suicide, c’est la liberté de chacun. Ce n’est pas à nous de juger les raisons. Les personnes ayant des souffrances psychologiques ont aussi le droit de mourir », estime Ignaz Reutlinger, ancien membre de l’association qui a accompagné de nombreux suicides.
Sur la dizaine d’associations suisses qui assistent des suicides en milieu hospitalier ou à domicile, Dignitas est l’une des seules à accueillir des étrangers. Ses coordonnées sont connues et diffusées dans les pays d’Europe du Nord, en Grande-Bretagne et en France. Les Allemands représentent environ 60 % des candidats au suicide. Sur les 200 suicidés assistés par l’association en 2006, on comptait une quinzaine de Français. « La pratique est la même que pour les impôts, expose sans ciller Ignaz Reutlinger. Les étrangers viennent en Suisse pour échapper à la loi de leur pays et y mourir. » L’ADMD tendrait plutôt à faire le parallèle avec le combat pour l’IVG et toutes ces femmes qui ont traversé la frontière pour avorter.
Mais pour son fondateur, Ludwig Minelli, un avocat zurichois de 75 ans à la personnalité controversée, l’extrême ouverture de Dignitas aurait – paradoxalement – un effet positif : la dissuasion. « Notre philosophie vise à lever le tabou du suicide. Il faudrait pouvoir dire à tous : “Oui, vous avez le droit de faire ce grand voyage, mais avant de partir il faut consulter une agence et bien dire au revoir à ses proches.” Nous estimons qu’environ 70 % des personnes qui prennent contact avec nous sont finalement dissuadées de se suicider. Savoir qu’elles ont cette possibilité de mourir quand elles le souhaitent les rassure définitivement. » Selon des proches, Ludwig Minelli rêverait même de pouvoir installer des distributeurs de poison dans les lieux publics. Une industrialisation des méthodes qui permettrait à Dignitas d’augmenter le nombre de ses “clients”…
Car, ici, il ne s’agit pas vraiment d’altruisme : les candidats au suicide doivent acquitter au moins 3 500 euros pour mettre fin à leurs jours. Le tarif serait même passé récemment à 5 000 euros. Quand on sait que Dignitas se procure pour à peine 5 euros la dose de pentobarbital que son client boira pour se suicider, on imagine l’importance des profits liés à cette activité. Pourtant, l’association n’offre pas une mort de grand luxe. Elle est désormais à la rue.
Les détracteurs de Dignitas affirment que son fondateur, en revanche, s’est significativement enrichi. L’ancienne secrétaire générale de Dignitas, Soraya Wernli, a quitté l’association en 2005 pour des raisons éthiques mais aussi financières : « Ludwig Minelli a gagné beaucoup d’argent avec Dignitas. Avec l’association, il s’est constitué une fortune personnelle qui dépasse au bas mot, selon moi, les 800 000 euros. Ce chiffre ne tient pas compte de tout ce qu’il reçoit en nature des personnes qu’il assiste… » Interrogé par Valeurs actuelles, Ludwig Minelli affirme que tout l’argent part à l’association et dément tout enrichissement personnel.
Le déroulement des suicides suscite également la polémique. La réglementation établit que la personne souhaitant mourir doit rédiger une déclaration de suicide puis confirmer oralement son souhait aux “accompagnateurs”. Deux membres de Dignitas assistent à chaque suicide pour attester qu’il s’agit d’une mort volontaire et non d’un meurtre. Encore faut-il qu’ils parlent couramment la langue du malade… Une hésitation, voire un revirement, risque d’échapper totalement à ces accompagnateurs. Surtout quand on ne laisse guère le temps au malade d’une dernière réflexion. « En 2005 et 2006, bon nombre de personnes sont arrivées de l’étranger et sont mortes dans la journée. Elles n’ont même pas pu repenser leur choix, passées la fatigue et la confusion du voyage », dénonce Soraya Wernli.
Pointée du doigt, accusée de créer un tourisme de la mort, Dignitas essaie d’être plus prudente aujourd’hui. Elle attend “au moins” le lendemain de l’arrivée du malade pour opérer. Mais les médecins de l’association ne passent toujours pas plus de temps sur le dossier des malades. Une trentaine de minutes environ. Certains signent plusieurs “permis de mourir” par jour. Des demandes de pentobarbital sont effectuées pour constituer des stocks. Et les erreurs de dosage existent : en août 2004, un Allemand mettra plus de 72 heures à mourir.
Chassée par les habitants, pourchassée par le gouvernement zurichois et dénoncée par le Parti socialiste suisse qui veut qu’elle cesse ses activités, Dignitas persiste. Et ignore les polémiques. En août 2007, sommée de quitter ses locaux à Zurich, elle loue un appartement à Stäfa, dans la banlieue. En huit jours, six personnes vont mourir. Choqués, les habitants se mobilisent et obtiennent son départ.
Dignitas ne s’arrête pas pour autant. C’est donc dans une voiture de location qu’elle a aidé, successivement, deux Allemands à mettre fin à leurs jours aux abords d’un bois, près de Zurich. La colère de la ministre de la Justice allemande n’a rien changé à ses projets. Ludwig Minelli a récemment annoncé la création d’une antenne en Allemagne. Là-bas, un correspondant de Dignitas veut bien prendre le risque pénal d’assister des suicides.
14:05 Publié dans Philosophie, Politique, Psychologie, Santé, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : chantal sebire, euthanasie, suicide assisté










Commentaires
J'ai écris à DIGNITAS, car les informations que j'en avais n'avaient rien de commun avec cet article. La première réflexion que je me suis faite c'est qu'il faut se trouver dans un état desespéré pour en arriver à accepter ces conditions (et il y en a !!!) Pour l'instant j'attends leur réponse que je ne manquerai pas de communiquer sur mon bloc-notes. Il faut quand même souligner qu'ils ne travaillent pas dans l'illégalité.
Ecrit par : France | 20.03.2008
France,
Je ne sais pas pourquoi mais ce débat remis en avant par la mort de Chantal Sebire me bouleverse.
Cette société déshumanisée vers laquelle nous nous dirigeons me fait peur. En règle générale, les gens n'ont pas envie de mourir, ils veulent vivre. Pourquoi de plus en plus de personnes, malades ou non, souhaitent-elles en finir ?
Moi-même, parfois, le désespoir me fait penser à la fin : "mourir pour ne pas souffrir".
Une société qui regarderait les autres se donner (ou se faire donner) la mort sans réagir ne serait-elle pas condamnée elle-même à disparaître ? De quel droit, moi, aurais-je un droit de vie ou de mort sur une autre personne ?
Le problème ne viendrait-il pas plutôt de la négation de l'humain, dans toutes ses subtilités ? L'Homme n'a-t-il plus d'autre choix que de se sentir parfait pour se donner le droit de continuer à vivre ?
Pour te donner un exemple, je connais une femme qui vient de perdre son mari après une vie commune de près de 60 ans. Que fait son entourage ? Il refuse de la voir pleurer et elle se sent donc obligée de prendre les petites pilules magiques que l'on s'est empressé de lui prescrire. N'est-ce donc plus normal de pleurer le compagnon de toute une vie, de s'effondrer devant le départ d'un être cher ? Au lieu d'une épaule, d'une main compatissante ou de bras pour enlacer, qu'offre-t-on ? De la chimie...
N'est-ce pas un peu la même chose devant la mort ? Une personne qui sent la fin arriver n'a-t-elle plus le droit de laisser vivre ses émotions au prétexte que cela dérange son entourage ? Je crois, que dans ce domaine, beaucoup de pression est mise sur les personnes : quand on se sent être mis au rebut, être un déchet pour la société, quand on nous fait sentir que nous ne sommes plus "bons à rien", plus productifs mais au contraire des charges pour notre famille et la collectivité, a-t-on encore envie de vivre ?
Or, aujourd'hui, on considère un peu l'homme comme une machine, mais une machine qui, malheureusement, aurait conservé sa sensibilité : tant qu'elle fonctionne et qu'elle ne coûte pas trop cher en entretien, on la garde. Sinon, sans état d'âme, on la met à la casse.
L'homme, avec sa conscience, se rend bien compte quand il devient inutile. Il me semble donc dangereux d'ouvrir les portes à un système comme en Suisse.
On peut imaginer ce que donnera ce principe quand les parents se sentiront être une charge pour leurs enfants (qui auront à payer leur maison de retraite) ou pour des enfants malades ou non qui se sentiront mal dans leur peau.
Cela se rapproche dangereusement de l'eugénisme car, après tout, ceux qui resteront seront les plus sains, les plus forts et les plus résistants psychologiquement. Quant au problème du vieillissement de la population, il n'existera plus, de même que le fameux trou de la Sécu.
Ecrit par : Gerri | 20.03.2008
Gerri, il n'y a quand même pas de quoi s'affoler. L'euthanasie ne concerne qu'un nombre réduit de personnes. Chantal Sébire vivait un effroyable cauchemar.
Valeurs Actuelles c'est quand même pas mal à droite, non?
Je pense que l'essentiel en l'occurrence n'était pas de se poser des questions d'ordre éthique ad vitam aeternam mais d'essayer de se mettre dans la peau de cette femme et de ceux pour lesquels elle s'est battue pour comprendre sa tragédie. C'est elle qui demandait la mort, personne ne voulait la lui infliger. Ce problème n'a rien à voir avec l'eugénisme. Ce qui a à voir avec l'eugénisme pour moi c'est plutôt les manipulations génétiques...
Ecrit par : Marie | 20.03.2008
l'euthanasie est un faux problème, c'est la liberté de chacun de nous qui est en jeux, la mise en scène de la mort est effroyable surtout que l'on meurt toujours seul; La seule chose à considérer c'est la souffrance et les moyens pour la supprimer ou l'adoucir, ce qui d'ailleurs se fait déjà.
Ecrit par : ginette | 20.03.2008
Je ne sais pas s'il faut s'affoler ; rien n'est plus sacré, même plus la vie.
Je ne sais pas si Valeurs actuelles, c'est de droite. J'ai trouvé cet article sur internet et quelle importance ?
Crois-tu que l'euthanasie, si elle est légalisée, concernera seulement un petit nombre de personnes ? Que ferons-nous des gens souffrant d'alzheimer ? Un de mes amis disait qu'il préfèrerait voir sa mère morte que dans cet état ! Que penser de tout cela ?
Je sais que des gens souffrent et je ne sais pas quoi répondre à cette souffrance. La mort est-elle l'unique réponse ?
Ecrit par : Gerri | 20.03.2008
Ginette,
Pour moi, le problème vient aussi du fait que chacun maintenant veut ce qui l'arrange. Il n'y a plus de conscience collective : on ne pense qu'à ce qui nous arrange nous et on se fiche de savoir quelles répercutions cela pourra avoir sur la société dans son entier.
Ecrit par : Gerri | 20.03.2008
quand on parle de la mort à beaucoup de gens on entend souvent cette réponse: mourir , nous devons tous mourir à cette vie ce que nous rejetons c'est la souffrance..
Gerri, rien ne changera tant que nous-mêmes ne changerons pas, ne regardons pas à l'extérieur mais à l'intérieur... et cultivons sérénité, confiance et amour de la vie tant que l'on peut.
Ecrit par : ginette | 20.03.2008
Le débat sur l'euthanasie est le symptôme d'une société où plus rien n'est sacré, la vie comme la mort.
Dans nos sociétés occidentales où la souffrance ne fait plus sens, où la mort est considérée comme une maladie, où le conflit et la violence, la colère et la haine (et pourtant tellement humaine) relèvent de la psychiatrie, où la maladie se doit d'être éradiquée, on peut considérer qu'il se passe actuellement un véritable bouleversement anthropologique.
La tentation totalitaire, qui avait déjà émergé par deux fois au vingtième siècle, semble donc refaire surface d'une manière moins brutale (pour l'instant), plus hypocrite mais tout aussi inhumaine.
Oui, le rêve eugénique d'Hitler est en passe de se réaliser : les trisomiques auront, dans quelques années, totalement disparus ; les vieillards, les malades et les inutiles (économiquement parlant) pourront être suicidés et ceci, dans une indifférence généralisée. Pour information, certains soldats allemands qui avaient été blessés au combat et qui étaient restés handicapés et donc inutiles pour le troisième Reich étaient gazés, avec leur accord, dans les camps de concentration. Une cérémonie était, bien entendu, célébrée en leur nom avant l'exécution.
La vie comme la mort n'étant plus sacrée, la marchandisation de l'homme n'aura donc plus de limites.
Marie, la vie comme la mort d'un individu ne concerne pas que l'individu. La liberté que prône Ginette dans ce domaine est une illusion. Vous dépendez (votre état mental, votre santé, votre bonheur...) en grande partie de votre environnement social. Un humain ne se fait pas tout seul mais est le fruit d'une société.
Ce débat est une horreur et une insulte à la dignité humaine.
Qui fixera les limites à l'euthanasie lorsque la brèche sera ouverte ? Vous ou les groupes financiers qui se formeront autour de ce commerce de la mort ?
Des détails selon Marie, mais l'humanité d'une société se mesure souvent à des détails. Combien d'êtres humains (économiquement inutiles) meurent comme des chiens (bien que les chiens soient mieux traités) dans nos rues chaque année dans l'indifférence générale ? Mais, bien entendu, cela ne concerne qu'une minorité de personnes, alors on se sent à l'abri (quelle est cette compassion qui ne s'exprime que lorsque l'on se sent concerné ?).
Combien de millions de foetus zigouillés pour améliorer le confort de jeunes femmes parfois inconscientes ? Mais c'est vrai, c'est un discours de droite ce qui permet à chacun de dormir avec bonne conscience, sans réfléchir à toutes les implications éthiques !
J'espère parfois que ces débats ne sont que des plaisanteries, que les gens ne pensent pas vraiment ce qu'ils écrivent (Dites-moi que ce n'est pas vrai ! Que vous plaisantez !) Hélas, j'ai bien l'impression que beaucoup de gens sont convaincus d'agir pour le bien de l'humanité et cela me glace le sang.
Préparons-nous donc pour de nouveaux "Cimetières sous la Lune" ! Tremblez pauvres, malades, dépressifs, chômeurs, vieillards, drogués... Dieu est définitivement mort et l'homme nouveau est arrivé, prêt à vous gazer la main sur le coeur et la larme à l'oeil, après vous avoir fait signer une décharge (car l'homme nouveau tue en respectant la loi) afin d'arriver à son voeu le plus cher : une société uniformisée, sans passion, sans souffrances, sans conflits, où le marché aura envahi la totalité de l'espace humain et surtout, l'essentiel, une société où la souffrance des uns ne dérangera pas le confort et la jouissance (sans entraves) des autres !
Marie, il m'avait semblé que vous étiez croyante. Je crois que si Jésus revenait et voyait l'état de notre société, il s'agenouillerait et il pleurerait... de désespoir !
Ecrit par : Péricles | 20.03.2008
j'aimerai poser une question à ceux qui sont contre l'euthanasie sont ils aussi ( dans un autre registre) contre la peine de mort, je n'en suis pas sûre.
Ecrit par : ginette | 21.03.2008
Ginette,
Je ne sais pas si ta question s'adresse à moi mais je peux te dire que tout ce qui touche à la vie humaine est sacré pour moi.
Quels que soient les crimes commis par une personne, je ne me sens pas en droit de décider de sa vie ou de sa mort.
En temps de guerre, des hommes ont été contraints de tuer d'autres hommes et cela les a affectés profondément (pas tous, bien entendu !).
Comme disait Boris Vian dans la chanson "le déserteur" : "Je ne suis pas sur terre pour tuer des pauvres gens".
Ecrit par : Gerri | 21.03.2008
je n'en ai jamais douté Gerri mais pour d'autres, c'est moins sûr ( c'est une question de logique )
Ecrit par : ginette | 21.03.2008
Je ne te comprends pas Ginette. Il ne me paraît pas logique que ceux qui sont défavorables à l'euthanasie, soient favorables à la peine de mort. Où alors, j'ai loupé un train en marche !
Ecrit par : Gerri | 21.03.2008
oui, Gerri, c'est le train de l'intégrisme de tout bord, il se cache bien sous des airs de dévotion mais il prend force lorsqu'il s'agit de justice immanente, haine de celui qui a commis un crime, il doit payer de sa vie, ils sont assez intraitables là dessus et le raisonnement doucereux et indigné devient implacable, oeil pour oeil, dent pour dent, vie pour vie même au prix de l'injustice, je comprends par ailleurs les victimes mais les autres qui crient contre l'avortement et l'euthanasie, pour la plupart sont pour la peine de mort .
Ecrit par : ginette | 21.03.2008
Je ne pouvais pas interpeller cette Association, je l'ai fait voici leur réponse.
Chère Madame,
Merci de votre courriel.
Les informations dans les médias ne sont, hélas, pas vrais, et dès lors, on ne peut pas critiquer notre méthode à l'hélium. Nous travaillons avec des masques médicales, et la situation pour la personne qui désire une mort volontaire accompagnée est presque le même qu'en utilisant le médicament: Elle peut respirer sans problèmes et sans sensations négatives (au contraire: elle se sent très légère et distanciée), et la personne perd conscience dans les deux minutes. Pour la personne elle-même, cette mort est encoure plus douce que celle avec le médicament.
Il faut bien faire attentation: les médias d'aujourd'hui ne sont plus exactes, et si vous basez vos jugements sur le rapports dans les médias, vous risquez de tomber mal dans 99 fois sur 100.
Meilleures salutations
DIGNITAS
Ludwig A. Minelli
Ecrit par : France | 21.03.2008
France,
De mon côté, j'ai continué mes petites recherches et d'autres articles de presse (http://info.rsr.ch/fr/suisse/Des_suicides_a_l_helium_proposes_par_Dignitas.html?siteSect=200101&sid=8871139&cKey=1205864349000) ont le même langage. Alors, c'est un peu parole contre parole. Qui croire ?
Dans ce cas, nous ne devrions plus faire confiance à la presse pour aucun sujet. Je reste perplexe mais j'ai du mal à faire confiance à une organisation qui brasse autant d'argent autour de la mort des gens.
Ecrit par : Gerri | 21.03.2008
Chère Gerri, je te souhaite un très bon week-end de Pâques et je te souhaite aussi de retrouver toute ta sérénité. J'aime bien la manière dont tu penses, tu es honnête et sincère et tu as des idées profondes....
Ecrit par : Marie | 22.03.2008
Merci Marie pour ce beau compliment que je peux te retourner.
J'avais tellement peur que ce soit moi que tu ne souhaitais plus voir sur ton blog !
J'aime nos échanges, aussi passionnés soient-ils...
Par contre, je manque tellement de confiance en moi, qu'à m'ouvrir ainsi, j'ai peur que vous ne m'appréciez plus.
J'ai une grande tendresse pour toi, Marie. Je trouve aussi que tu es quelqu'un de bien.
Ecrit par : Gerri | 22.03.2008
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